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En quelques dates
:

1967 Naissance à Chipping Sodbury en Angleterre.

1997, sortie de Harry Potter à l'école des sorciers.

1998, Harry Potter et la chambre des secrets.

1999, Harry Potter et le prisonnier d'azkaban.

2000, Harry Potter et la coupe de feu.

Joanne Kathleen Rowling est née en 1967 en Angleterre, à Chipping Sodbury, près de Bristol. Durant ses premières années elle se lie d'amitié avec deux enfants du nom de Potter !
Puis ses parents déménage à la campagne dans la petite ville de Cheptstow au pays de Galles. A l'école primaire de Tutshill, Joanne est terrifiée par une institutrice du nom de Mrs Morgan.

Au collège de Wyedean


Après des études de langue et de littérature française à l’université d’Exeter (qui lui donnent l’occasion d’enseigner le français à Paris pendant un an), elle se consacre quelque temps à l’association Amnesty International, au sein de laquelle elle milite pour les droits de l’homme dans les pays d’Afrique francophone.

En 1990 sa vie prend un tour exceptionnel : Harry fait sa première apparition lors d'un aller simple Manchester-Londres…

« Je n'avais jamais ressenti une telle excitation, se souvient-elle. J’ai su immédiatement que ça allait être un vrai plaisir d’écrire cette histoire ».
Des problèmes personnels, dont la mort de sa mère, sont pour elle l’occasion de changer de vie.
Elle prend la décision de partir au Portugal, à Porto, pour enseigner l’anglais.
C’est là-bas qu’elle rencontre son mari, un journaliste portugais, et donne naissance à sa fille, Jessica.

L’échec de son mariage la pousse à rentrer en Grande-Bretagne et à rejoindre sa sœur à Édimbourg, en Écosse.

Elle profite de son temps libre (elle est alors au chômage) pour se remettre à l’écriture du tome I des aventures de Harry Potter, et cela dans un lieu hors du commun : le Nicolson’s, pub écossais tenu par son beau-frère.

Elle avait pris l’habitude de promener sa fille dans une poussette pour la faire dormir, puis elle entrait dans le pub, commandait un thé, éparpillait ses feuilles sur une table et se mettait à écrire…

Le manuscrit une fois terminé et dactylographié par ses soins, elle décide de l’envoyer à un premier agent… qui le refuse.
Le second agent, Christopher Little, l’accepte, mais ce n’est qu’au bout d’un an que celui-ci trouve un éditeur prêt à le publier, Bloomsbury.
Un an plus tard, en juillet 1997, le livre sort. « Sa sortie n’a pas été un événement, mais pour l’essentiel, son succès semblait reposer sur le bouche-à-oreille », nous dit-elle.
Depuis, nullement perturbée par la gloire et la fortune (elle est devenue l’une des plus grosses fortunes du Royaume-Uni), elle n’a rien changé à son style de vie.

Récemment décorée de l’Ordre de l’Empire britannique par la reine Élizabeth, elle continue de s’occuper seule de Jessica, qui a désormais six ans, dans sa petite maison d’Édimbourg.

Totalement habitée par son œuvre, elle ne se déplace plus, n’accorde plus d’interview et protège farouchement sa vie privée pour retrouver la concentration nécessaire à l’ambition qu’elle s’est fixée : suivre son héros de l’âge de dix ans à celui de dix-huit ans, à travers sept volumes qui correspondront aux sept années passées à Poudlard.

 

Entretiens : Par Natalie Levisalles, Libération, le 25/11/99

Avec 19 millions de livres vendus dans 130 pays, Joanne K. Rowling est assaillie de demandes d'interviews qu'elle refuse toutes: elle écrit le quatrième volume des aventures de Harry. Exceptionnellement, elle a accepté cet entretien par e-mail.

On a comparé vos romans à ceux d'autres écrivains pour enfants comme C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien, Roald Dahl ou Sue Townsend.
Ce sont des comparaisons flatteuses: il y a des choses que j'admire beaucoup chez ces écrivains. Mais les ressemblances sont assez superficielles. Comme Lewis et Tolkien, j'ai écrit une histoire qui se passe dans un monde imaginaire, mais mon propos n'est pas de transmettre des valeurs explicitement chrétiennes comme Lewis, et je n'ai pas non plus inventé une mythologie comme Tolkien. Quant aux comparaisons avec Sue Townsend et Roald Dahl, c'est sans doute parce que nos livres ont en commun l'humour et un penchant pour les détails bizarres.

Pourquoi les enfants adorent-ils les histoires de Harry Potter?
Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Je n'avais jamais imaginé que ces livres auraient un tel succès. Au contraire, mon seul espoir était de les voir publiés. Je les ai écrits entièrement pour moi, et je trouve très difficile d'en parler de manière objective. Les enfants que je rencontre parlent surtout des personnages; ils éprouvent des sentiments très forts pour eux et me demandent de ne pas faire mourir leurs préférés.

Comment expliquez-vous que les grandes personnes prennent aussi plaisir à lire ces livres?
Sans doute parce que je les ai écrits pour moi, et que je suis une grande personne!

Quelle distinction faites-vous entre les livres pour adultes et pour enfants?
Je n'en fais aucune, et je n'en ai jamais fait. Il ne me viendrait pas à l'idée d'avoir honte de lire en public un livre qui est visiblement un livre pour enfants. J'ai lu Bilbo le Hobbit à 26 ans et je n'ai jamais ressenti le besoin de le cacher derrière un journal quand je prenais le bus.

Quels livres d'enfants avez-vous aimés?
Quand j'étais petite, j'aimais les livres d'Edith Nesbit, Kenneth Graham, Elizabeth Goudge, Noel Streatfield et Paul Gallico. Le meilleur livre pour enfants que j'aie lu récemment, c'est Skellig de David Almond.

Quels auteurs comptent pour vous?
Parmi les écrivains vivants, c'est Roddy Doyle que je préfère. Je pense que c'est un génie. J'aime aussi énormément Jane Austen et Colette.

Que lisez-vous à votre fille?
Je lui ai lu les Chroniques de Narnia (de C.S. Lewis). Toutes, sauf la dernière que je trouve moins accessible pour une enfant de 6 ans. Elle a adoré Little Plum de Rumer Godden et Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. Mais je dois vous dire, et j'en suis ravie, que son préféré, c'est Harry Potter!

Le troisième volume est le plus sombre. C'est sans doute aussi le meilleur, notamment parce que vous avez évité l'autocensure. Où placez-vous la limite?
Je ne suis pas sûre qu'il y ait une limite. Je suis absolument opposée à toute forme de censure. Un écrivain ne devrait pas être gêné par les attentes de ses lecteurs, même s'ils sont aussi sympathiques que les miens. On doit être libre d'écrire ce qu'on veut, et le lecteur est bien sûr libre de ne pas continuer à lire ou à acheter vos livres.

Quel âge a le lecteur auquel vous pensez quand vous écrivez?
Elle a 34 ans, c'est moi. Je n'imagine jamais d'autres lecteurs.

Dans votre tournée américaine, vous avez été accueillie comme une rock-star. ça vous a plu?
Je ne vois rien chez moi qui ressemble à une rock-star. Le plus agréable, quand on fait la promotion de ses livres, c'est de rencontrer les enfants qui les ont lus. Pendant cinq ans, le monde de Harry a été mon secret très personnel. Traverser l'Atlantique et rencontrer des milliers de gens qui connaissent tous ces personnages avec lesquels je vis dans ma tête depuis neuf ans est l'expérience la plus extraordinaire et la plus merveilleuse que je connaisse.

Quel est l'aspect que vous aimez le moins?
Je me passerais avec joie des journalistes qui sonnent à ma porte quand j'essaie d'écrire.

Qu'est-ce qui vous permet de garder le désir d'écrire après un tel succès?
Le désir de raconter l'histoire de Harry en entier. Tout ce que je souhaite, c'est d'avoir le temps d'écrire les sept livres.

Après Harry Potter, écrirez-vous pour les enfants ou pour les adultes?
D'abord, il y a l'idée. Ensuite, les éditeurs décident du groupe d'âge auquel ils vont vendre le livre. Je n'ai aucune idée de qui pourrait aimer mes prochains livres, parce que je ne sais pas encore ce que j'écrirai. Mais, si je suis connue comme écrivain pour enfants jusqu'à la fin de mes jours, je ne me considérerai certainement pas comme un écrivain de deuxième ordre.

Diriez-vous «Harry Potter c'est moi», ou êtes-vous plutôt Hermione Granger?
Il y a énormément de moi dans Harry, mais le personnage le plus proche de moi à l'âge de 11 ans, c'est sans aucun doute Hermione. Je n'étais pas aussi intelligente qu'elle, mais je pense que, à l'époque, j'étais aussi casse-pieds.

Le méchant s'appelle Voldemort. Pourquoi un nom français?
Je ne pense pas que ce soit mon sang saxon qui se rebelle: Rowling est en fait un nom normand, et ma mère était en partie française. C'est plutôt une question de sonorité. Pour une oreille britannique, Voldemort évoque quelque chose de gentiment mystérieux, qui vient d'un autre monde.

Vous avez vécu un an en France, quel souvenir en gardez-vous?
J'ai adoré vivre à Paris. J'ai gardé des amis de cette période. Je me souviens surtout que j'écrivais dans les cafés. Je le faisais déjà à l'époque, et je dois dire que ce sont vraiment des cafés dans lesquels on peut écrire.

Est-ce difficile de savoir à l'avance ce que vous ferez pendant les quatre années à venir?
Non, c'est un soulagement et un délice. Si je n'avais pas été publiée, je serais encore en train de m'arracher les cheveux à essayer de me trouver du temps pour écrire pendant la journée. Pour moi, c'est un luxe incroyable de pouvoir passer des jours entiers à faire ce que je préfère. Je considère que j'ai énormément de chance.

 

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